... INTERVIEW ...
Robert LAFONT
Directeur des Publications
Le foot
Comment passe-t-on de la presse économique à la presse sportive ?La presse grand public m’a toujours intéressé. J’ai fait le magazine «Entreprendre», au départ, pour en faire un magazine qui s’adresse à tous… L’économie et la réussite à la portée de tous ! Il n’était pas question, pour moi, de m’enfermer dans un créneau technique ou dans une niche trop élitiste. Il est bien évident que, lorsque j’ai vu la marque «Le Sport» déposer le bilan, aucun groupe n’ayant l’énergie de reprendre le titre, j’ai trouvé que c’était un gâchis fantastique ! C’était une opportunité à ne pas manquer. J’y suis allé et c’est vrai que cela a été un beau challenge !
Comment s'est passé votre reconversion dans le football ?
C’était en 1992… je m’étais interdit, par correction vis-à-vis de ceux à qui j’avais revendu le journal «Le Sport», de refaire un magazine généraliste sur le sport. Le football était un sport qui m’intéressait. Il y avait bien «France Football», mais pas de presse mensuelle d’information et d’investigation. J’étais convaincu que cela manquait, puisque «Onze Mondial» ne s’adressait uniquement qu’aux jeunes (avec de nombreuses photos). J’étais convaincu qu’il y avait un marché sérieux, dans ce créneau de presse. Avec Arnaud Bertrande, jeune journaliste motivé (encore aujourd’hui !), on a lancé le mensuel «Le Foot», en 1992, sur un pari et cela a assez vite bien marché. Et vous connaissez la suite. « le Foot » est aujourd’hui la deuxième marque de la presse foot en France, avec plus de 12 mensuels clubs (le Foot Marseille, Paris, St Etienne, Lyon, Nord-Pas-De-Calais, Paris, Bretagne …) et 8 magazines sans parler du quotidien.
Et vos expériences, dans la presse, après la création du journal le Foot ?
Je me suis rôdé… J’ai fait des «coups», des numéros spéciaux, j'ai appris le métier. Je me suis aussi essayé dans d’autres domaines avec «Jour de Paris» (et Stéphane de Rosnay), le premier «journal dérision» sur la presse française, l’ancêtre des «Jalons» et de Karl Zéro ! Ensuite, après quelques projets dans la presse pratique grand public : le lancement de «L’Essentiel de l’Auto», puis «Pratique Cuisine», avec Arnaud Gumez et Laure Pierre (toujours fidèles au poste aujourd’hui). Ce fut, ensuite «Le Journal du Football», en 1999, avec Frédéric Denat, qui animait, en région, un hebdomadaire au bord du dépôt de bilan. Journaliste très motivé, je lui avais envoyé un petit mot et je savais que j’allais faire un journal avec lui. Il est toujours là, aujourd’hui ! Je peux citer aussi Valerie Loctin avec qui nous avons lancé Féminin Santé, un vrai succès.
Comment s'est passée votre reconversion, dans la presse, après la création du journal « le Foot » ?
En rencontrant des hommes de presse en 1999, puis d’autres projets : «Argent et Patrimoine», «Science Revue», et «Astro Revue». L’idée de créer un groupe de presse généraliste a toujours été ancrée chez moi. J’ai fait «La Une», en 1995, en magazine, avec Valérie Loctin (toujours là aujourd’hui !). L’idée était de faire un journal d’interviews et de personnalités. Ensuite, ce journal a évolué en devenant un journal «poil à gratter» politico-économique. Un peu à contrepoint du «Canard Enchaîné»… Certains l’ont qualifié de souverainiste-libéral, un peu un contre-pouvoir du microcosme. Un journal génial, libre. Beaucoup le lisaient sous le manteau. Mais nos confrères n'en parlaient jamais !
Nous avons fait ensuite, toujours avec Valérie Loctin, «Féminin santé», en 2003. Il y avait déjà, à ce moment-là, une ébauche de pôle de presse assez diversifié dans tous les domaines, sans cohérence globale. Les gens pouvaient se demander quel rapport il y avait à faire de la santé, de la science, du football, de l’automobile, de la pratique ou de l’économie. Mais j’avais déjà, dans l’idée, de construire un groupe généraliste complet. Et puis les lecteurs sont habitués à passer d’un secteur à l’autre.

